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Vendredi 8 décembre, les 300 sièges de la salle de conférence du H20 étaient occupés. Face à l'urgence climatique, mobiliser les forces vives du territoire nous sied bien. Encore faut-il ne pas en rester à teinter de vert des actions et décisions qui vont à l'opposé des engagements pris par la France! Comme l'ont rappelé, par tracts à l'entrée, les opposants au contournement Est ou bien encore le comité de défense du triage de Sotteville. Nous avons noté la très faible présence des maires (3 sur 71). Quel est le poids de la signature de la convention Métropole, WWF et ADEME par le président Sanchez? Sans démarche collective et appropriation par les 156 conseillers métropolitains ? Pour autant, les communistes s'inscrivent dans le travail engagé par Cyrille Moreau, VP de la métropole et seront force de propositions.

Le cadre n'était pas approprié pour faire une déclaration, mais avons tenté quand même, avec maladresse. Nous vous en donnons le texte.  "Assurément, devant l’urgence climatique ( NDLR: les experts du GIEC présents confirment bien la criticité), il nous faut bousculer nos politiques à l’œuvre sur notre territoire.

Source: FlickrSur les mobilités, il y aurait tant à faire pour, ne serait-ce que rattraper des retards dans l’offre de transports collectifs, les infrastructures, les financements, les cohérences avec le stationnement … afin d’y réduire ses inégalités territoriales mais aussi sociales qui se creusent. Mais nul doute que le sujet sera traité ici (NDLR: en fait, il n'a même pas été évoqué!). Seul élément à souligner : alors que s’élabore un PLUI métropolitain, nous regrettons profondément que le PDU voté en 2013, alors que notre groupe avait émis de grandes réserves sur son manque d’ambition, que ce PDU ne soit pas révisé en même temps que le PLUI, comme d’autres territoires en ont témoigné récemment. Et ce afin d’y intégrer les engagements de la France pris à Paris.

Sur la relocalisation et la vitalisation industrielle de notre territoire sur l’axe Seine, notre région est belle, mais concentrer l’attractivité sur le seul tourisme, l'événementiel culturel ou quelques pôles de compétences pointues pour revitaliser ce territoire ne suffira pas à sa prospérité. L’on peut regretter que des usines au main de multinationales se soient délocalisée alors que ces unités de production sont au coeur des débouchés des produits fabriqués et au cœur de la transition énergétique. Quelques exemples :

 La Chapelle d’Arblay de Grand-Couronne : alors que le législateur, enfin, votait la suppression des sacs en plastique mono usage, la CGT de l’usine proposait de reconvertir la machine 3 menacée, en fabriquant des sacs en papier. UPM a délocalisé l’unité de production et supprimé 130 emplois. Il a vraiment manqué un soutien franc et massif des décideurs politiques et des pouvoirs publics.

Source: Flickr

Autre exemple, l’enjeu de la transition énergétique passe par des équipements électriques et le stockage de l’électricité. Sans coup férir la multinationale Varta, dont l’usine Johnson Control de Grand-Quevilly était leader mondial de la batterie, a fermé son unité en mettant sur le carreau 280 ouvriers, techniciens et ingénieurs. Idem pour Schneider électrique, le groupe français, dont les actionnaires ont racheté à Alsthom l’usine de fabrication de transformateurs de Petit-Quevilly pour la rayer de la carte avec la suppression de 331 emplois directs. Les actionnaires ont bénéficié du CICE. Reste l’usine Alstom, 80 emplois, dont l’avenir est incertain avec les concentrations en cours sur la partie ferroviaire.

La filière textile, alors que notre département est le 1er producteur de lin, que nous récupérons les textiles avec les bornes déployées, que de la vallée du Cailly à Elbeuf, le territoire a un vrai savoir-faire avec ses lycées, par containers entiers, la matière première part vers la Chine, le Bangladesh... et nous revient en produits finis, usinés dans des conditions proches de l’esclavage.

Les exemples pourraient se multiplier à d’autres secteurs de production (Vallourec, Wild, Via-Systems, Saipol, Pétroplus...). Il est urgent de revenir à une économie, que je qualifie de bon sens, appelée dans le langage à la mode, économie circulaire. C’est aussi moins de transports en mer et sur les routes alors que le gouvernement, en 2013, a autorisé les camions de 44 t  et supprimé l'éco-taxe!

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Pour dire, qu’il ne peut y avoir de vraie transition énergétique en laissant détruire ces filières, ici et maintenant, et si l’on ne crée pas toutes les conditions à la relocalisation industrielle. Cela passe par la mise à disposition de foncier dédié à la revitalisation de notre industrie. D’où l’enjeu de Seine Sud, des études lancées sur la partie maritime de la Seine rive gauche… et bien sur des moyens de transport vertueux complémentaires. Face à la prédation de nos territoires par les multinationales, il y a nécessité d’une intervention forte publique. Nous faisons des propositions. Mais il s'agit aussi d’écouter les travailleurs et leurs organisations syndicales qui ont des idées sur leur outil de travail, sur leur sens de l’intérêt général, sur le rapport de leur travail face à l’urgence écologique, en y étant confronté au quotidien.…

Urgence environnementale et exigence sociale vont de pair. S’engager pour le climat doit intégrer ce secteur ô combien stratégique dans la réduction par 4 des émissions de CO2 d’ici 2030. Non pas en externalisant de notre territoire les productions, n’y a-t-il pas tentation, dans une vision éthérée du territoire, comme le laisse entendre F. Sanchez dans son interview du Paris-Normandie du jour ? Nous serons exigeants pour que les politiques en cours soient bousculées dans une humanité menacée dans son existence même. Et que ce forum débouche sur du concret et non pas de belles paroles lénifiantes ou moralisatrices. Et de renoncer à ce ruban de goudron de 43 km, payant afin d'y mettre le milliards d'euros dans les transports en communs bus, tramway, tram-trains, TER, LNPN et les modes ferroviaire et fluviale pour les marchandises."