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Plus de 27% des émissions de CO2 proviennent des transports ! Pourquoi continuer à augmenter le débit des infrastructures routières alors que la baignoire est pleine ! Et que peu, trop peu pour des alternatives de transport vertueux tel le ferroviaire, le fluvial, les transports collectifs. Comment allons nous respecter les engagements pris lors de la COP 21 à Paris, tel que le rappelait récemment l'ancien président de la CREA alors que l'année 2017 a vu repartir à la hausse les émissions de CO2 ? Et tous les signaux passent au rouge!  ( photo 1: Sud 3 avec ces 73.000 véhicules jour). Il est vraiment étonnant de voir se réjouir sur tous les tons le président de la Métropole face au feu vert sur le projet de déclaration d'utilité publique concernant le contournement EST: appropriation des terres agricoles et forestières, neutralisation de foncier urbain dédié à de l'activité économique...  alors que l'agglomération est confronté à un air devenu mortel et que le contournement à péage n'a jamais démontré son utilité sauf à aspirer toujours plus de camions et à contribuer à l'étalement périurbain. Il sera intéressant de voir comment la COP 21 déclinée à la Métropole (annoncée au "106" le 8 décembre?) va gérer l'image d'un territoire vertueux avec des objectifs concrets de réduction du CO2 !!! (photo 2: un triage de Sotteville délaissé alors que la métropole ne cesse de grignoter le foncier ferroviaire pour y contruire toujours plus de logements dit écoquartier et n'envisage, à aucun moment, de relancer le fer pour des déplacements du quotidien comme le font d'autres métropoles )

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Nous vous donnons le point de vue de Francis Wurtz, député européen honoraire sur les travaux à Bonn.

La 23ème Conférence des Nations-Unies sur les changements climatiques termine ses travaux à Bonn (Allemagne) ce 17 novembre. L’objectif était de faire le point des mesures déjà prises et de celles qu’il reste à prendre de toute urgence pour espérer tenir les engagements de la « COP 21 », l’Accord de Paris de 2015. Où en sommes-nous à cet égard ? L’on peut s’en faire une idée à partir d’un rapide coup de projecteur sur 7 enjeux-clés mis en lumière dans la dernière période.

Tout d’abord, le cri d’alarme de l’ONU : à moins d’un changement de braquet dans la réduction des émissions de CO2 de la part des grands pollueurs en retard sur leurs engagements (USA, Union européenne, Japon, Canada…), il ne sera bientôt plus possible d’atteindre l’objectif de limitation à 2 degrés, en moyenne, du réchauffement climatique. Un ultime sursis à mettre à profit pour agir !

Source: Flickr

C’est le moment choisi par Donald Trump pour annoncer le retrait des Etats-Unis de l’Accord de Paris. Heureusement, de grands Etats américains comme la Californie, de grandes villes et même de grandes entreprises des USA ont annoncé le maintien voire l’accroissement de leurs efforts.

L’Union européenne, troisième émettrice de CO2, manque elle-même d’ambition en la matière : 40% de baisse des émissions de gaz à effet de serre en 2030 (par rapport à 1990). Il faudrait une diminution de 50% ou plus pour respecter l’Accord de Paris. Or, à ce stade, même l’objectif de 40% est compromis. L’Autriche, la Belgique, le Luxembourg et l’Irlande sont particulièrement en faute. Il est temps de placer leurs dirigeants devant leurs responsabilités.

Le « marché du carbone » instauré il y a plus de dix ans dans l’UE pour inciter l’industrie à  réduire ses émissions a prouvé son inefficacité : les entreprises concernées reçoivent des sortes de « permis à polluer » dans certaines limites (correspondant en principe à l’objectif de réduction des émissions de CO2). Si elles restent en deçà de ces limites, elles peuvent vendre leurs quotas à des entreprises qui les dépassent. Cette « régulation » n’a pas fonctionné. A revoir ! (photo 3 en 2014: la chaufferie urbaine de Petit-Quevilly est alimentée maintenant par Vesta et a de moins en moins ce panache de CO2) 

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Le cas de l’Allemagne est à relever : avec la Pologne, elle concentre la moitié des émissions provenant des 300 centrales à charbon d’Europe. Sans la fermeture à court terme des 20 centrales les plus polluantes outre-Rhin, Berlin ne pourra pas respecter ses engagements vis à vis de l’Accord de Paris. Une expérience qui a dû peser dans la décision annoncée par Nicolas Hulot de reporter la fermeture de centrales nucléaires en France.

On n’entend guère parler d’un engagement majeur de l’Accord de Paris : celui des pays les plus industrialisés (premiers responsables du réchauffement climatique) de verser 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 aux pays en développement (premières victimes de ce phénomène) pour contribuer à leurs dépenses indispensables pour se protéger et s’adapter. Un débat à relancer !

La Banque mondiale estime (en plus de cette « aide ») que « des milliers de milliards de dollars » (!) d’investissements liés au climat sont nécessaires dans les pays du sud d’ici 2030. Les secteurs concernés sont l’agriculture et l’agroalimentaire; l’adduction d’eau et l’assainissement; le bâtiment; les transports urbains; les énergies renouvelables. Un immense chantier de coopérations à suivre !

La bataille du climat : en enjeu de civilisation !