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Ce mardi 2 février se tenait le conseil municipal de Petit-Quevilly dont l'ordre du jour avait pour principal sujet le débat d'orientation budgétaire. Nous y reviendrons plus tard. A la délibération 14 que présentait notre collègue Muriel Toscani sur la convention entre la ville et les organisateurs de la manifestation, Mad Jeannin, jeune femme du groupe FhaiNe composée de 6 personnes a pris la parole pour dénoncer ce festival. Intervention préméditée, elle nous a montré des oeuvres mal photocopiées avec des commentaires méprisants et haineux, y compris sur les auteurs. Elle a disserté sur le "non art" ... comme un écho à l'histoire récente ou le concept nazi " d'art dégénéré", la différence amenait tout droit vers les camps d'extermination. En photo, "le cri" d'Edvard Munch, tableau exposé au musée d'Oslo, pays qui a vu un monstre néo nazi massacrer près de 100 personnes pour leurs idées humanistes. Après l'effroi et la sidération des paroles prononcées, la réaction à ces propos a été vive. Des excuses publiques ont été exigées. Le "canal historique" Jacques Gaillard, chef adjoint du FhaiNe normand a rétropédalé mielleusement se contentant d'affirmer que leur position était de contester uniquement la somme de 2.000 euros allouée à la manifestation sur la ville. Les autres membres élus du FhaiNe, sont-ils solidaires des propos tenus? A ce conseil, le visage avenant de l'élue cache la pensée profonde du néo fascisme qui a émergé publiquement. Ils veulent les clés de la cité. Nous témoignons pour les empêcher de mettre en oeuvre leur politique de haine, de xénophobie, de racisme, de destruction de la pensée, de pas cadencé... déjà installée dans d'autres communes. Cela nous renvoie aussi à notre responsabilité de combattre tous ceux qui veulent nous interdire de chanter, de danser, de peindre... Des fondamentalistes religieux au FhaiNe, nos libertés menacées méritent que l'on s'engage pour l'Humain et les valeurs de la République.

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Rappelons que l'association "Art et déchirures" , créée en 1988 organise un festival tous les 2 ans sur l'agglomération. Il regroupe toutes les formes d'expression artistique: théâtre, musique, danse, arts plastiques, cinéma, vidéo... issues de l'art du monde de la santé mentale. Il ne s'agit pas de proposer une esthétique de la folie mais plutôt de témoigner de l'existence d'un production artistique singulière. L'objectif de ce festival est de permettre à ces oeuvres, créées parfois dans l'urgence d'une souffrance indicible, de rencontrer un public large, au coeur de la cité. Chaque artiste exposé peut s'exprimer dans le respect de sa différence, de sa souffrance ou de son handicap, mais avec la même exigence artistique, sans complaisance d'aucune sorte.

Une des 5 expositions du festival, Art Maniak, sera présentée du 9 au 20 mars en la chapelle St Julien. La présence du plus nombre à cette manifestation sera un acte de résistance.