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Vendredi 25 septembre, dès 19h sur le parvis du Théâtre Gorki "La Foudre" puis en salle, la nouvelle saison sera présentée. C'est gratuit mais la réservation est recommandée. David Bobée, metteur en scène, en est le directeur. Le CDN  de Haute Normandie rayonne sur la Métropole avec 3 lieux Théatre des 2 Rives, La Foudre, Marc Sanguier en travaux et 3 communes Rouen, Mont Saint Aignan et Petit-Quevilly. Les équipes historiques ont été renforcées confortant la continuité de l'esprit des lieux autour d'un projet culturel unique et novateur.

David Bobée, en même temps qu'il nous invite, a écrit cette adresse. Il nous interpelle toutes et tous. 

Notre pays s’apprête à accueillir 24 000 réfugiés pour les deux années à venir. C’est insuffisant. Insuffisant au regard des 417 000 demandeurs d’asile en Europe,  insuffisant en comparaison des 20 000 réfugiés accueillis par l’Allemagne pendant le premier week-end de septembre, insuffisant pour les 66 millions de français que nous sommes. Insuffisant pour le pays des droits de l’Homme, notre terre d’asile. C’est insuffisant face à l’urgence humanitaire qu’est cette tragédie syrienne qui pousse des hommes, des femmes, des enfants, familles entières à fuir les conflits armés et les persécutions.

Quand, dans ne serait-ce que 10 ans, l’histoire se retournera sur cette diaspora, quel regard portera-t-elle sur nous ? C’est une page de notre histoire que nous écrivons aujourd’hui. À nous de décider le rôle que nous désirons jouer. Nous pourrions être exemplaires.

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Exemplaires dans nos pensées quotidiennes, dans la solidarité qui émanerait de nos discussions avec nos familles, nos amis, nos voisins. Exemplaires dans la lutte sans relâche contre la méfiance, la peur et la haine de l’autre. Exemplaires dans les actions que nous pourrions mettre en place, les dons d’argent, de biens, de nourriture, de temps, par le bénévolat que nous ferions auprès des acteurs de terrains, des associations proches de nous. Nous pourrions être exemplaires en ouvrant nos bras et pourquoi pas les portes de nos logements à ces populations malmenées qui ont risqué leur vie pour arriver jusqu’à nous, pour trouver un peu d’aide, de sécurité et quelques perspectives d’avenir.

C’est pourquoi nous vous proposons de nous faire le relai entre ces associations et vous, de vous communiquer les adresses, les besoins, les actions, les pétitions qui peuvent changer la situation et donner la force à nos hommes et femmes politiques d’être courageux, d’être exemplaires.

La ville de Rouen et le réseau des villes solidaires ont exprimé leur soutien aux réfugiés et ouvert concrètement notre territoire. À nous, habitants de ces villes, de savoir leur souhaiter la bienvenue.

Sur le site internet du CDN et auprès de l’ensemble du personnel du CDN, vous trouverez les informations et les liens utiles vers les associations de l’agglomération : APMAR, Secours Populaire, CALM, France Terre d’Asile, collectif syrien… Eux sauront vous exprimer les premiers besoins de ces nouveaux normands.

En tant que lieu public, lieu culturel, espace de réflexion et d’action sur le monde, d’exercice de la pensée démocratique, le CDN ouvrira ses portes à ces associations engagées afin de leur permettre d’organiser des débats de réflexion et de sensibilisation indispensables à l’action. Et nous nous préparons, en cas de nécessité, à plus encore.

De nombreux rendez-vous artistiques, culturels, publics et citoyens auront lieu tout au long de la saison. Ateliers d’écriture avec des primo-arrivants, labos, spectacles sur l’immigration, débats d’idées, laboratoires des spectateurs, parrainages civils de demandeurs d’asile avec les spectateurs du CDN, portraits des habitants du territoire, partenariats avec le milieu associatif normand. Cette activité vous invite à participer à ce mouvement.

Depuis sa récente création, le CDN s’engage dans cet élan de solidarité. Nous mènerons ces actions politiques sur le long terme et cela, nous ne pourrons le faire qu’ensemble.

Avant que l’horreur éprouvée face à la photo d’un enfant étendu sur une plage, ne nous donne la force de retrouver le sens de l’humanisme, j’écrivais dans l’édito de la saison 2 :

« Ensemble, nous contribuons à écrire notre identité : elle est multiple et riche de sa diversité ; une identité en mouvement, composite, consciente des grands enjeux sociétaux du siècle qui s’ouvre. La culture et l’éducation sont porteuses des valeurs démocratiques, elles nous donnent la force et les outils pour ne pas trembler, pour ne pas baisser les bras devant l’horreur et l’injustice. Et pour n’abandonner personne.

Un territoire ne se définit pas par ses frontières mais par son ouverture. Un territoire, ce sont d’abord les personnes qui y vivent, les personnes qui s’y meuvent, les personnes qui en sortent et rayonnent, celles qui y agissent et l’animent, celles qui y entrent, celles que l’on invite à bras ouverts. Un territoire, ce sont les personnes qui y construisent, ensemble, leurs vies au quotidien. Ce territoire, la Normandie, c’est nous tous ».

La France, c’est bien plus une idée qu’un hexagone fermé sur lui-même. Les frontières de notre pays ne sont pas faites de 6 côtés géométriques, ceints, droits, rigides, mais d’une géographie complexe et sensible, faite de fleuves, d’étendues, de reliefs, de mers et d’océans ; de routes qui convergent et d’autres qui rayonnent, nos frontières sont mouvantes. Elles ne sont qu’ouvertures, les idées comme les individus y circulent depuis toujours.

Un être humain, pour ce qu’il est, ne peut être illégal. La Normandie que j’aime lui adresse aujourd’hui une invitationDavid Bobée Tunis, le  15 septembre 2015