009

L'urgence climatique est là. L'exigence sociale va encore s'exprimer ce samedi face à une organisation du territoire qui rend absolument dépendant de la voiture. Lors du conseil de la métropole de jeudi 6 novembre, nous avions à débattre sur le PLUI en cours de finalisation à propos de la modération de consommation des espaces naturels pour l'habitat. Nous vous redonnons intégralement l'intervention d'André Delestre, au nom du groupe Front de Gauche. Quoi qu'en dise, avec perfidie Frédéric Sanchez, notre volonté de réorienter les 66 millions, que la métropole veut mettre sur cette 4 voies à péage, vers une offre de transports collectifs au delà du coeur de ville est une décision de tous les sensibilités politique du groupe Front de Gauche et des maires et élus. D'ailleurs Stéphane Barré est intervenu sur l'impact du ruban de goudron sur la zone de captage de la Chapelle à propos du bilan annuel 2017 sur l'eau

 

DSC08686

AD: Nous remercions les services pour le travail d’écoute et de construction pour un exercice nouveau et difficile, piloté avec brio par notre collègue.

Nous n’allons pas revenir sur notre contribution au débat de la version 1 du Projet d’aménagement et de développement Durables du 20 mars 2017. Du PLUI qui aborde sa configuration définitive dans quelques mois, les grands axes qui se dégagent se trouve en accord avec les objectifs de notre sensibilité politique.

  • Répondre à la demande de logement et favoriser la reprise démographique
  • Répondre à la demande d’emplois et entretenir la dynamique économique
  • Répondre aux besoins de déplacement
  • Structurer le territoire, valoriser les atouts de la ville et renforcer son attractivité

Pour autant, la modération de consommation d’espace était contenue dans les SCOT précédents. Or, nous constatons que l’étalement urbain s’est aggravé. Elle est la conséquence du développement de l’habitat de plus en plus loin du centre de Rouen, ou le coût du foncier est moindre et bien sûr avec un développement du tout routier. Cela a des conséquences sociales, économiques et écologistes très négatives. Et, à ce propos, nous renvoyons au constat alarmant faite par la saisine du CESER sur le bétonnage de la Normandie.

Cette version 2 conforte l’étude évoquée dans son diagnostic et « identifie sur les 71 communes un potentiel foncier important … je ne vais pas citer tout le texte mais sa conclusion… il est proposé de revoir à la baisse la consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers pour l’habitat. On passe de 550 ha pour la période 1999 à 2015 à 360 ha aujourd’hui soit une baisse de 35%. »

A l’étalement urbain, il nous faut répondre par la densification et la reconquête d’espace délaissé au cœur de nos communes.  Chaque conseil municipal, dans le débat version 2 du PADD a pu apporter des éléments concrets qui assurent le développement urbain dans ces objectifs revisités. Et nous renvoyons à la Politique Locale de l’Habitat à l’aulne des objectifs débattus.

Dans ce débat, nous souhaitons souligner la mixité des fonctions. Afin d’éviter les écarts entre lieux de vie et des zones d’activité. La ville, c’est aussi des services, du commerce, des activités économiques, des espaces de respiration, des équipements publics (éducation, culture, sportives loisirs…) le tout articulé sur des flux de mobilités. Le foncier y est mobilisé. L’on peut s’interroger sur cette concurrence déraisonnable pour accueillir des grands pôles commerciaux, qui contribuent à dévitaliser les cœurs de ville de leur commerce de proximité.

Nous réinsistons sur la nécessaire reconversion de Seine Sud. Notre objectif reste la création d’un pôle industriel, innovant et créateur d’emplois.

 

DSC00031

Bien sûr, dans cette révision des espaces naturels consommés, la question des mobilités est un élément essentiel à bien prendre en compte dans les attentes des habitants pour leurs déplacements. Elle doit aussi être bien prise en compte dans les zones d’activités. Nous regrettons une fois de plus que la révision du PLU, déjà daté, ne se soit pas fait de manière concomitante au PLUI. Et dont nous rappelions déjà en 2013 sont manque d’ambition. Alors qu’aujourd’hui, le dérèglement climatique nous rattrape et que la France, pour tenir ses engagements prise lors de la COP 21 doit entrer dans un cercle vertueux en matière de transports, aussi pour les personnes que pour les marchandises. Et là, ici sur notre territoire, il y a du travail à faire pour rattraper nos retards et se mettre en pôle position sur tous les modes de transports vertueux.

 

triage

Nous avons des propositions. Il est vraiment urgent à revisiter le PDU. Pour cela, la commission transport ne doit pas être une chambre d’enregistrement des délibérations présentées. Ce volet du PADD, nous y redisons nos réserves car il persiste d’un aménagement du territoire qui favorise la dépendance à la voiture. 

Ce projet de liaison autoroutière A13-A28, concédée et à péage dit contournement Est altère les objectifs révisés de consommation d’espace. Si l’on considère les 42 km en 2×2 voies sur une largeur de 37 m, faites vous-même le calcul, cela fait beaucoup d’hectares consommés. Pour qu’elle utilité ? Depuis la présidence Pompidou, si c’était une évidence, il serait déjà réalisé !  Il ne répond pas aux problèmes de mobilités de nos habitants mais sera un aspirateur à voitures et camions. Et favorisera encore plus l’étalement urbain. Et ne parlons pas des émissions des gaz à effet de serre, des nuisances sonores, la problématique des eaux et en particulier la zone de captage de la Chapelle, etc…. Nous pouvons faire autrement en développant des transports propres pour les déplacements comme pour les marchandises, a l’instar des 280.000 m3 de terre pour recharger le quartier Flaubert réalisé par le fer. Le ferroviaire, le fluvial sont des atouts sur notre territoire et des réponses aux inquiétudes sur le climat. A quelques jours de la signature autour des engagements métropolitains sur la COP 21, nous disons au président, qui ne nous a pas consulté pour engager financièrement la métropole sur la part du département de l’Eure que ces élus se refusent de financer ( NDLR: rappelons que la région et le département 76 paieront cet ouvrage inutile et que cela coûtera au bas mot 1 milliards d'euros!), réduisez plutôt que détournez ! Et cela donnera de la crédibilité aux engagements que les 71 communes ont prise pour assurer l’avenir de nos enfants et votre signature pour une métropole vraiment vertueuse.

Et j’ai écouté avec attention notre collègue Pascal Houbron (NDLR: maire de Bihorel et porte parole du centre et de la droite sur le propos)  sur la réduction du CO2 émis. Se rapproche t il de nos positions sur cette infrastructure routière ?

Enfin, et nous le soulignons fortement, il nous faut rapidement améliorer l’accessibilité du territoire pour en assurer les grandes fonctions métropolitaines. Nous le disons clairement, le PLUI en cours de validation ne permettra pas d’être un accélérateur de la ligne haute performance dite LNPN dont la réalisation est renvoyée aux années trente. Il manque vraiment ce signal politique qui permettrait de mobiliser tous les acteurs de ce territoire pour y gagner une connexion performante

Nous prenons acte de ce PADD version 2 en soulignant nos remarques, propositions et interrogations :

 

cerise

Penser notre territoire de vie pour demain, c’est reposer la place de chacune et chacun : une ville pour toutes et tous, une place pour chacun. C’est refuser la loi du marché. Chacune, chacun quelques soient son origine social, ses revenus, la composition de sa famille doit avoir le meilleur. Chacune et chacun  a le droit au logement, à l’emploi, à la formation, à l’accès au service public, à la mobilité, au sport, aux loisirs, à la culture, à un cadre de vie de qualité. C’est à cela que nous travaillons, avec des valeurs de gauche affirmées, pour un développement harmonieux et équilibré, égalitaire, solidaire et écologiste.

 * Métropole Rouen Normandie