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HUBERT WULFRANC, député de la Seine-Maritime, a livré une tribune dans l'édition de Paris-Normandie du 17 octobre.

« Le gouvernement Macron-Philippe est obnubilé par un objectif cher aux actionnaires : réduire le prix du travail, que ce soit le salaire d’aujourd’hui ou celui des salariés d’hier qui perçoivent leur retraite. Le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, l’a dit et redit très clairement aux députés communistes qui lui demandent des comptes : ce gouvernement ne fera rien, bien au contraire, pour relever le salaire minimum – 1 170 € net à ce jour - ni bien sûr pour travailler à augmenter le salaire médian des Français – 1 695 €.

CONTENIR LES SALAIRES ET LES PENSIONS

Le salaire différé que représente la pension retraite, est pour sa part taillé à la serpe. Après le coup de bambou massif qu’a constitué la hausse de la CSG, la désindexation des pensions sur l’évolution de l’inflation se traduira par une nouvelle régression du pouvoir d’achat des retraités qui sont également affectés par la hausse des taxes sur l’énergie ou encore, des complémentaires santé. Des retraités qui n’ont en réponse que le mépris du chef de l’État lorsque celui-ci leur lance que le pays se porterait mieux si on arrêtait de se plaindre.

Obnubilé par le niveau des salaires et des pensions dans un souci de compétitivité dans un marché mondial qu’il entend de plus en plus déréguler, le gouvernement s’emploie à contenir au maximum les salaires et les retraites financés par le travail des salariés à un niveau particulièrement bas. De plus, il renonce sciemment à préserver des filières industrielles qui produisent pourtant de la valeur, créent des emplois et où la qualification des salariés est davantage garant de salaires convenables et de droits sociaux. C’est le cas par exemple dans le secteur des transports où Alstom et la SNCF sont lâchés par l’État.

C’est également vrai dans le domaine de la production d’énergie où les biens publics sont vendus à l’encan, tels nos barrages hydroélectriques, ou nos raffineries abandonnées au profit de produits importés sans la moindre considération sociale et environnementale.

SECTEURS PRÉCAIRES

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À l’inverse, les mêmes protègent et entendent développer des filières où les rémunérations et les conditions de travail sont particulièrement dégradées et où la soif de gain du patronat est des plus féroces. Je pense notamment au transport de marchandises par la route et à l’économie touristique, où les contrats précaires sont légion et les rémunérations particulièrement modestes.

Le gouvernement nous promet des salariés peu payés, auxquels il va donner l’équivalent de leurs cotisations sociales pour taire leurs demandes d’augmentation alors même que cette mesure compromet le système de solidarité, dont ils bénéficient en cas d’accidents de la vie.

LES COMMUNES MENACÉES

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Un deuxième objectif est cher au gouvernement : liquider les communes qui assurent le fonctionnement des services publics qu’il entend privatiser avec ses amis de droite. Après que Nicolas Sarkozy a démantelé la taxe professionnelle, libérant les entreprises de leur contribution au développement local, c’est au tour de la taxe d’habitation, impôt effectivement injuste, puisqu’il ne prend pas en compte les revenus des habitants, que le gouvernement supprime au lieu de rééquilibrer équitablement la charge de l’impôt entre les ménages et les entreprises. Sur ce sujet comme sur d’autres, le terrain avait été bien préparé lors du quinquennat précédent celui de Macron.

Si le gouvernement se garde bien aujourd’hui de préciser quel dispositif financier il entend mettre en place pour compenser cette perte importante de moyens pour les communes, celui-ci n’y va pas par quatre chemins pour exiger des communes qu’elles diminuent leurs dépenses au service de leurs concitoyens : école, sport, personnes âgées...

COMPLICITÉS LOCALES

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Ces politiciens de droite, qui regardent de haut les Français et méprisent leur vie de tous les jours, trouvent trop souvent malheureusement des oreilles complaisantes à l’échelle locale, dans l’agglomération rouennaise. Si les députés macroniens d’En Marche ! relayent ici cette politique, ils n’en sont cependant que des porte-voix sans influence du président des riches. Par contre, la présidence de la Métropole montre des gestes préoccupants d’accompagnement des discours et des actes gouvernementaux alors qu’elle gère une collectivité de 500 000 habitants.

En prenant les devants pour signer, sans mot dire, le pacte du diable que le gouvernement impose aux collectivités afin de limiter leur budget de fonctionnement à + 1.2 % par an, le président de la Métropole de Rouen a pris une lourde responsabilité. La Métropole s’est ainsi privée de moyens indispensables pour répondre aux nombreux besoins dans le domaine de l’aide à la rénovation et à la construction de logements, d’une tarification plus solidaire pour les usagers des transports en commun. C’est aussi des moyens en moins pour lutter contre les pollutions de l’air et des sols dans toutes les communes de l’agglomération, où les projets de l’État font craindre le pire.

Par exemple, en orientant l’investissement sur des projets parfois surdimensionnés comme celui censé développer une prétendue attractivité du territoire qui reporterait, en l’amplifiant, le transit de camions d’une partie de l’agglomération vers une autre. Ce n’est pas en accueillant pour quelques heures des touristes au détriment des ouvriers et des employés que nous renforcerons ce qui fait le cœur de notre territoire.

D’AUTRES CHOIX

Or, de vrais dossiers industriels, ceux d’entreprises menacées de fermeture, souvent rentables, ainsi que d’autres projets susceptibles de créer de l’emploi durable, s’enlisent des deux côtés de la Seine, faute de volonté politique suffisante. C’est au plus près de nos concitoyens qu’il convient de rompre avec les logiques libérales que le gouvernement Macron-Philippe veut imposer. Face à une droite autoritaire qui affaiblit les hommes et les territoires, une gauche qui dirige doit faire d’autres choix. »