DSC03057

Noël Levillain maire de Tourville la Rivière, entouré d'Hubert Wulfranc député, de Thierry Foucaud sénateur, Moyse Joachim maire de SER, Patrice Dupray maire de Grand-Couronne, d'Hélène Klein adjointe au maire de Rouen, a fait la déclaration suivante:

Il n’aura fallu que peu de temps pour que les françaises et les français découvrent combien l’alliance entre une partie de la droite et du Parti socialiste ne pouvait aboutir qu’à une politique de droite. Depuis son élection le président de la république et son gouvernement ont engagé au pas de charge, souvent au mépris de la démocratie, une série de mesures qui toutes montrent combien son projet politique est de servir le monde la finance.
Voulant axer mon propos sur les enjeux métropolitains je ne m’étendrai pas sur cette cascade de mauvaises nouvelles pour le monde du travail, mais la nouvelle loi dite travail et les dernières annonces relatives au dépeçage de l’impôt sur la fortune montrent à qui le président et le gouvernement souhaitent s’adresser : au MEDEF et à la finance. Cette attaque en règle contre ceux qui créent des richesses dans ce pays se manifeste aussi dans la remise en cause de la gestion des collectivités locales dont vous savez bien, le coeur de métier est d’organiser du service public de proximité.

arton102041-d12cc

La découverte cet été, quelque peu surréaliste, du président de la République, ancien ministre des finances d’une extension du déficit public de 20 milliards replace les collectivités au premier rang de celles et ceux qui doivent payer l’addition des cadeaux fait au travers du CICE et autre pacte de compétitivité. Les communes, les inter-communalités, les départements sont particulièrement visés. Les nouveaux sacrifices à consentir deviennent insupportables dans la gestion quotidienne de ces collectivités. La décision de raréfier le financement au titre de la politique de la ville et du logement bloque nombre de dossiers de renouvellement urbain. Alors même que l’État avait pris des engagements lors de la conférence des collectivités locales, les crédits fondent comme neige au soleil, les subventions d’investissements, quand elles existent encore, sont rabotées de 30 %.
Nous ne sommes pas naïfs et voyons bien où l’état veut en venir. Poursuivre toujours plus en avant les regroupements de collectivités, achever ce que les lois Sarkozy ont généré comme remodelage du paysage institutionnel du pays. Sarkozy voulait la mort des départements, Hollande avait envisagé la date de l’inhumation, Macron veut les enterrer au plus vite. Loin du cadre démocratique, la technostructure macroniste réfléchit activement à recomposer ses territoires départementaux en les vidant de leur substance lorsqu’ils comprennent une métropole. Au-delà du choix d’affaiblir et d’enterrer à terme les départements, se pose celui des métropoles dont les domaines de compétence ne sont à ce jour pas consolidés. En mouvement permanent, les communes qui sont à la base de l’édifice institutionnel ne savent plus où elles habitent. Cette stratégie du mouvement perpétuel n’a pour autre objectif que d’uniformiser le territoire européen pour l’amener vers une Europe fédérale. Elle est aussi une aubaine pour le marché qui, à terme, aura accaparé nombre de services relevant encore aujourd’hui du domaine public.
Les élus Front de Gauche de la Métropole sont opposés au détricotage du département dans ses missions régaliennes. Ils veulent aussi assoir toutes les fonctions et compétences qu’assure aujourd’hui la Métropole Rouen Normandie. Les communes qui la composent ont elles aussi besoin d’avoir une lisibilité durable du devenir de cette Métropole car chaque maire, chaque conseiller municipal a bien compris que la Métropole ne vit, n’aménage le territoire qu’au moyen des financements consentis par les communes en question.

DSC09650

Au premier chef, nous réaffirmons au moment où les communes ont la plus grande difficulté à boucler les budgets que la Métropole, parce qu’elle est le produit de nos communes, doit être à leur service. Parmi les points qui restent à consolider, malgré des progrès pour lesquels les élus Front de Gauche ne sont pas étrangers, malgré ces progrès qui touchent en particulier le soutien à l’investissement communal nous pensons qu’il y a nécessité de travailler sans relâche à l’équité territoriale qui sied à une métropole.

Tant de choses restent à faire, en matière de transport notamment, pour relier les villes périphériques entre elles ou vers la ville centre qu’il n’y a pas à se disperser et bien au contraire à se recentrer sur l’intérêt des communes qui fondent l’intérêt de la métropole. Les élus Front de Gauche sont favorables, comme le suggère Yvon Robert, à la création de fonds de concours soutenant les dépenses de fonctionnement des communes. Et plus généralement, ils seront attentifs à ce que trop de transferts de charge ne déséquilibrent pas plus encore cette équité territoriale en favorisant de façon trop significative la ville centre. Pas un élu ne conteste les charges de centralité de la ville de Rouen et tout est discutable. Mais la réalité de notre territoire, sa structure, montrent que les charges de centralité n’affectent pas que la ville de Rouen. C’est aussi en cela que nous revendiquons une équité territoriale. 2020 arrive à grand pas et il est bien trop tôt pour pronostiquer l’état dans lequel seront nos communes, dans lequel sera la Métropole et dans quelle configuration le renouvellement des conseillers municipaux aura lieu.
Les élus Front de gauche souhaitent toutefois que la Métropole reste un EPCI et ne devienne pas une collectivité locale. Nous envisageons défavorablement l’idée de l’élection au suffrage universel du Président devenant « supermaire », sanctuarisant la supra-communalité. Il ne nous a pas échappé que la loi MAPTAM sous tendait cette élection. C’est aussi pour cela que nous y étions opposés. Dans la situation difficile, pour les maires en particulier, où nous nous trouvons, les élus Front de Gauche ne s’inscrivent pas dans une posture du tout refus de l’immobilisme. Au contraire, ils expriment une ambition, celle d’un territoire métropolitain attractif doté donc d’une attractivité dont nous ne mettons pas tout à fait le même sens que d’autres élus qui le subordonne au seul tourisme. Pour nous l’attractivité est d’abord économique.

DSC03172

Ne pouvant raboter indéfiniment les budgets des communes, nous sommes pour une attractivité économique qui replace en particulier l’industrie en bonne place. Quand on ne peut plus faire d’économies, il faut dégager des recettes nouvelles. Et jusqu’à preuve du contraire il n’y a des recettes nouvelles que s’il y a des richesses nouvelles. Nous voulons que priorité soit donné au développement économique sur ce territoire qui a cette chance de rassembler la quasi-totalité des filières industrielles que compte le pays. En collaboration avec les autres collectivités, la région au premier chef, la Métropole a des devoirs. Elle a aussi des atouts, la Seine en particulier. Pour illustrer le propos il suffit de voir comment est appréhendé l’axe Seine : il n’est vu qu’à travers le prisme de la valorisation touristique. Cela ne fait pas le compte. Seine sud, entre autres, fort de ses 600 hectares reliés au fleuve, aux grandes infrastructures, au réseau ferré est l’espace d’avenir de la Métropole. Outre le développement de l’emploi au moment où, tous les mois, le pays crée l’équivalent de 2 stades Robert Diochon de chômeurs, cette ambition génèrerait les ressources nouvelles qui font tant défaut aujourd’hui.

DSC03165

Et puis, mesdames messieurs, lorsque le choix des investissements devient un exercice périlleux en ces temps de disette peut-être faut-il être plus exigeant encore en matière de programmation et d’éviter de mobiliser des crédits importants pour des projets contestables. A ce moment de mon propos vous comprendrez l’indignation des élus Front de Gauche de la Métropole qui s’opposent au contournement Est, révoltés par la légèreté des collectivités qui, sous prétexte que l’une d’entre elles n’adhère pas au projet, décident unilatéralement d’en financer la part qui aurait dû lui revenir.On passe de 60 à 66M pour la Métropole.(photo: le pont Flaubert, maillon de l'autoroute des estuaires, va être raccordé sur la tête Sud après 7 ans de travaux. La tête Nord n'est toujours pas programmé!!!)  Les élus Front de Gauche à la Métropole seront très attentifs à la programmation des investissements. 

Pour conclure, je dirai que les élus Front de Gauche qui ont combattu la loi MAPTAM ont pris acte de sa création. Ils s’emploient à ce qu’elle soit au service de la population même si l’exercice est délicat puisque l’essence même de la loi Métropole c’est l’évaporation des communes et des départements du paysage institutionnel. Nous nous employons pour qu’au contraire elle amortisse les mauvais coups du gouvernement tout en participant à l’aménagement de ce territoire intercommunal.