.... il est bon de lire le livre écrit par Jean Ortiz paru aux éditions Atlantica en octobre 2014 "Espagne : la République est de retour, de 1931 à aujourd'hui" pour comprendre ce qui se passe en Catalogne. Est-ce la résurgence d'un nationalisme nauséabond facteur de guerre, alimenté par des dirigeants européens qui font corps autour d'une Union Européenne en pleine déliquescence démocratique, sociale, économique, culturelle... et écrasée par les forces de l'argent? Ou bien, dans le choix Monarchie/ République, en Espagne mais aussi en France et en Europe, le débat citoyen y entre pleinement avec la nécessité d'un nouveau "pacte social" afin d'y construire une démocratie pleine et entière? Citons René Char: "celui qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égard, ni patience." Et manifestons notre solidarité internationaliste!

9782758805137

"Écrasée par le soulèvement fascisant de juillet 1936, enfouie, oubliée, trahie pendant plus d’un demi-siècle, la République dont l’histoire officielle pensait se défaire est enfin de retour.

Dans ce livre, se trouvent battus en brèche les révisionnismes, manipulations et caricatures de toutes sortes. Non, la loi d’amnistie espagnole n’était pas la loi vertueuse ou cicatrisante tant attendue. Etablir une équivalence morale entre les vainqueurs et les vaincus de la guerre d’Espagne, c’est une autre façon de cracher sur les tombes. Non, les républicains n’étaient pas des «rebelles» : ils défendaient une constitution approuvée et un gouvernement légal.

Afin de justice plutôt que de revanchisme, il était devenu indispensable de tout reprendre à son commencement. Et de le raconter avec la fameuse sévérité des faits : l’anarchisme, la commune asturienne de 1934, les véritables relations entre Staline et la République, les conflits interrépublicains, la non-intervention française, la politique de réconciliation nationale du PCE, l’anti-franquisme, les fosses communes, les « enfants volés », puis les travaux du juge Garzon, puis les « Indignés », etc."

Jean Ortiz, sans rien renier de ses options idéologiques, poursuit son œuvre passionnante en nous offrant cet ouvrage clair et percutant sur l’histoire espagnole de 1931 à nos jours. Jean est fils de la République espagnole et de l’antifascisme. La victoire des franquistes oblige son père, combattant républicain, puis guérillero (résistant) en France, à vivre un exil toujours recommencé. «Manchega», la famille a payé un lourd tribut à la défense de la République : sept fusillés.
Homme de passion, Jean Ortiz conjugue, depuis quarante ans, engagement dans le combat de mémoire et honnêteté du travail historique. Il a consacré plusieurs ouvrages aux républicains et antifascistes espagnols : Mi guerra civil (2005), Rouges : maquis de France et d’Espagne. Les guérilleros (2006), Che plus que jamais (2007), Guérilleros et mineurs (2011), De Madrid à Valparaiso. Neruda et le Winnipeg (2011).