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Conseil municipal du jeudi 9 février, 26 délibérations étaient à l'ordre du jour dont le débat d'orientation budgétaire (nous y reviendrons prochainement) et le débat sur le Plan d'Aménagement et de développement Durable qui introduit le Plan Local d'Urbanisme Intercommunal des 71 communes qui devra être validé d'ici 2019.

Le débat sur le PADD introduit par Frédéric Sanchez, maire et président de la métropole a montré qu'il pouvait y avoir une lecture de la ville différente, critique et constructive par les interventions de Pascal Rigaud, Jean-Louis Degiovanni et André Delestre. Loin de l'unanimisme uniforme et triomphant. Mais peut-être que le contexte politique incite à prêter oreille aux autres sensibilités politiques de la ville? Coté FhaiNe, c'est l'absence et l'indigence d'une opposition qui prétend prendre les clés de la cité.

Sur le PADD, les points de débat sont bien sûr la densité et la minéralité qui caractérisent Petit-Quevilly. La population continue d'augmenter. De nombreux programmes de logements sont lancés ou en cours d'instruction (1000 logements tous parcours résidentiels confondus). Les priorités contenues dans la PADD font consensus mais nous sommes sur des généralités transposables sur n'importe quel territoire. La plaine Kennedy et le projet d'urbanisation partielle envisagé et présenté aux riverains a cristallisé une vision divergente de la ville désirée.

Un autre point d'accroche est la place de l'activité industrielle et la vision éthérée du territoire autour du tourisme, de l'ubérisation, des services, pour attirer les "cadres!". C'est la critique majeure que les communistes font du projet "Axe Seine" soutenu par le président de la métropole. Ils ont rappelé que des industries à la pointe et au coeur de la transition énergétique ont disparu (Jonhson Control, le Transfo), victime de l'absence de politique industrielle du pouvoir et de l'avidité des actionnaires. Mais que parler d'"économie circulaire", économie du bon sens retrouvé, nous oblige à penser la ville dans la mixité des fonctions, y compris pour l'industrie. Soutenir les activités existantes et mobiliser du foncier pour de nouvelles activités: Masselin  investit sur la commune, Lubrizol, Lefébure, Alstom...? Construire des logements pour tous, c'est bien. Avoir un travail, c'est mieux. Et une ville attractive, agréable à vivre pour tous, c'est ce à quoi nous sommes invités à débattre et à construire.  

André Delestre pour le groupe communiste et républicains a déclaré lors de la délibération sur l'accueil de ruches: L'abeille est un témoin de la qualité de notre espace de vie. L’installation de ruches sur les toits du CTM, dans l'espace public doit nous questionner sur nos relations à notre environnement urbain, ses flux, ses tensions, ses densités et son organisation sociale. Sur ce dernier point, je ne m’étendrais pas sur la déliquescence de notre monarchie républicaine menaçant la démocratie.

Notons que le CTM est en bordure de Sud3 avec 73000 véhicules jours et d’une voie ferroviaire majeure. Cette voie est malheureusement délaissée depuis 60 ans pour les déplacements du quotidien. Elle est pourtant un véritable corridor de la biodiversité reliant la forêt de la Londe au cœur de Rouen.

Nous sommes convaincu que l’implantation de ruches puisse favoriser la perception par le public, et pas uniquement les enfants, des enjeux associés à une lecture de la ville différente, critique et constructive.

Source: Flickr

Le débat sur le PADD, cadre politique du PLUI, mériterait plus d’implications de chacun-e, de nous tous car c’est la ville de demain que nous travaillons. Cela me permet de souhaiter qu’à l’occasion, une expertise soit faite de notre ville dense et minérale pour se questionner collectivement sur les enjeux politiques, économiques, sociaux de la présence de la nature à Petit-Quevilly.

Vous comprenez que c’est sur le fond que les élus communistes se sont opposés à l’urbanisation, même partielle, de la plaine Kennedy dans le quartier nord. Et que nous proposons d’y développer un espace humide, d’y renforcer la biodiversité, d’y développer des activités intergénérationnelles autour de la maison de l’enfance Jules Verne.

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C’est aussi sur ces exigences que nous voulons prescrire l’obligation de sauvegarder et de restituer les espèces végétales quand nous coupons des arbres, supprimons des haies, multiplions les terrains synthétiques, construisons des logements. Les prescriptions du PLU en la matière devront être renforcé.

Cela doit aussi interpeller chaque citoyen sur notre rapport quotidien à la nature dont le climat en est la perception la plus sensorielle. Nous proposons que l’on réexamine et relance le concours « jardin et balcon fleuris » afin d’y retrouver une dynamique affaiblie ces dernières années, que l’on active les propositions de réduire nos déchets, que la transition écologique soit au coeur du PADD.

L’abeille de notre agglomération urbaine est vraiment la bien venue. Depuis, la rue, entre ciel et terre, elle contribue à ces questionnements politique, économique, social, écologique et y compris culturel dans notre espace commun à tous. Puisse l’abeille polliniser nos coeurs et nos têtes pour construire la ville désirée.